Pierre CASTOR 25.03.2025 : Capitale de la Turquie, pourquoi Ankara, et pas Istanbul ?
Pierre CASTOR 25.03.2025 : Capitale de la Turquie, pourquoi Ankara, et pas Istanbul ?
Alors attention, question piège du jour : quelle est la capitale de la Turquie ? Ne vous emballez pas trop vite… Non, ce n’est pas Istanbul. Bravo à ceux qui ont répondu Ankara ! Et pour les autres, pas de panique, vous êtes juste 9 personnes sur 10 à vous tromper.
Mais alors, pourquoi ? Pourquoi la ville la plus connue, la plus peuplée, celle qui fait rêver avec ses mosquées, ses bazars et son Bosphore bleu azur, n’est pas la capitale ?
Eh bien… parce qu’Istanbul, c’est un peu la Beyoncé du pays. Elle attire tous les regards, elle brille, elle génère 27% du PIB national à elle toute seule, elle est même dans le top 15 des villes les plus riches du monde… mais, malgré tout, c’est Ankara qui a eu la couronne de « capitale ».
Et là, vous vous dites : “Mais c’est injuste !” Pas tant que ça, écoutez bien.
Il faut remonter à 1923, juste après la chute de l’Empire ottoman. La Turquie naît, et son fondateur, Mustafa Kemal Atatürk, veut marquer une rupture forte avec le passé impérial. Pour lui, Istanbul — ou plutôt Constantinople à l’époque — c’est le symbole de l’Empire ottoman, des sultans, du passé. Or, lui veut de la nouveauté, du moderne, du 100% République turque.
Alors il choisit Ankara : petite ville perdue avec à peine 20 000 habitants, une chèvre, deux marchands de thé… et beaucoup de potentiel. Pourquoi ce choix improbable ? Parce qu’elle est au centre du pays, loin des côtes, donc moins vulnérable à une attaque.
Istanbul, elle, est trop exposée : une ville portuaire, donc pratique pour les touristes… mais aussi pour les envahisseurs.
Et puis Atatürk veut aussi turquifier le pays. Exit les noms qui rappellent l’empire. Bye bye Constantinople, bonjour Istanbul en 1930. Et tenez-vous bien : pour obliger le monde entier à utiliser le nouveau nom, la poste turque a eu une méthode… radicale : tous les courriers envoyés à « Constantinople » n’étaient tout simplement plus distribués. Zéro livraison. Tu veux que ta lettre arrive ? T’écris Istanbul, point final.